Brèves de Normandie - 101 - Janvier 2011

dimanche 30 janvier 2011
par Brèves de Normandie

911-2011.

Un traité signé à Saint-Clair sur Epte entre Rollon, l’homme du Nord, le Viking et ce qui était considéré à l’époque comme un Seigneur, voire un roi de régions et/ou provinces du centre de la France, Charles Le Simple, crée les prémices de la Nation Normande.

Occupée depuis 1204 par les troupes françaises, vassalisée, vandalisée et exploitée sans cesse depuis cette date par les politiques et administratifs du pouvoir central et leur émanations, qu’il soit royal, impérial ou républicain, elle a du s’incliner et a été soumise par la force au prix d’une guerre civile, entre factions rivales armagnacs et bourguignonnes, haineuse, sanglante, violente, destructrice, entreprise initialement par la royauté.

Les Normands, légalistes et loyalistes, respectueux des engagements et traités signés ont toujours respecté ce Traité.

L’autre partie, la royauté n’a eu de cesse de le violer avec la volonté non déguisée de conquérir les territoires concernés par l’accord de Saint Clair, de les exploiter honteusement jusqu’à faire de la Normandie le principal contributeur du Trésor royal, pendant plusieurs siècles, Rouen étant d’ailleurs alors la deuxième ville de la France et la Normandie la province la plus riche de France.

Les républiques, trop contentes de s’abreuver à bon compte de la sueur provenant du fruit du travail laborieux des normand.e.s a continué, sans vergogne, à piller les ressources sociales, économiques, patrimoniales et culturelles des populations normandes et encore aujourd’hui plus que jamais.

« Pays de Normandie » de l’hiver 2010-2011 fait son éditorial sur cet anniversaire. La Normandie est habitée par une population métissée composée de Celtes, Romains, Francs, Northmen ou Vikings... C’est ce qui aussi a fait et devrait continuer à faire sa richesse humaine et à fonder son identité sociale et culturelle notamment.

Il termine ainsi citant l’ouvrage : « Les Français peints par eux-mêmes » (1841/1842), « La Normandie n’est ni une province, ni un assemblage de départements, c’est une nation. » Il continue : « Le signe d’une belle et tranquille confiance à méditer au moment où la Normandie s’apprête à fêter ses 1100 ans et à l’heure ou de nombreuses voix s’élèvent en faveur de la réunification administrative de la Normandie de nos deux régions. »

Toujours dans ce même journal l’auteur de l’édito écrit : « Depuis (la naissance de la Normandie), le pays des hommes du Nord, ne s’est départi au fil des ans d’un esprit de conquête sans nul doute hérité de Rollon. »

Force est de constater que la Normandie, conquise et vassalisée n’a pu continuer à s’épanouir et à apporter à d’autres contrées ou pays son dynamisme et ses compétences, à partager le fruit de ses créatifs et ingénieux enfants. Aujourd’hui il est évidemment devenu hors du temps présent, quel que soit le traitement injuste qu’elle subit depuis des siècles et qui pourrait justifier une révolte d’emprunter une voie d’indépendance ou d’autonomie à l’instar de l’Ecosse, de la Catalogne, de la Flandre, de la Wallonie ou autres régions européennes.

Les conquêtes des populations normandes doivent être exclusivement humanistes tournées vers l’avenir. Elles doivent être une contribution loyale et réciproque envers des institutions qui respectent leur identité et leur patrimoine et les aides à surmonter le marasme social et économique dans lequel le plonge des politiques et administratifs aussi incompétents que spoliateurs et intéressés. Le marqueur le plus significatif étant un chômage endémique et structurel qu’ils sont incapables de résorber depuis des décennies et une pauvreté des classes sociales les plus défavorisées qui ne cesse de s’accroître.

Victor Hugo, ce génie littéraire et politique, élu à plusieurs reprises préconisait « Les Provinces unies d’Europe. » Ne serait-ce pas la voie de la reconnaissance et de la renaissance d’un avenir prometteur pour les populations normandes dans le respect de leurs valeurs séculaires, de la fraternité, de l’égalité, de leur volonté contributive au progrès commun. Normands, européens et humanistes.

Revenons à des préoccupations sociales et économiques élémentaires.

Le Conseil national de l’ordre des médecins publie son atlas annuel.

La densité des médecins en activité régulière en nombre d’habitants décroit d’une manière dramatique en Normandie et est l’une des plus faibles de France, la moindre même parmi les régions de l’Ouest.

Nord (Lille métropole) : 278.

Bretagne (Rennes métropole) :284.

Aquitaine (Bordeaux métropole) :322.

Région administrative haute-NORMANDIE : 248 (Pas de ville métropole au sens DATAR).

Région administrative basse-NORMANDIE : 263 (Pas de ville métropole au sens DATAR).

Depuis plus de trente ans la destruction quasi-systématique du tissu social et économique de la Normandie continue et même accentue l’appauvrissement des populations normandes dans la plupart des domaines de la vie sociale. Chômage endémique, pouvoir d’achat majoritairement médiocre, lamentable réseau de transports ferroviaires (Pas de TGV), déserts médicaux (Manche, Eure) Universités refouloir des étudiants, jeunes diplômés qui fuient la région, etc…, etc… La majorité des politiques et administratifs ont détruit la notoriété et l’attractivité de la Normandie pour leur plus grand profit idéologique et financier. La Normandie n’est-elle pas le pays des fromages !

Challenges N°235-2 décembre 2010.

« La France a un train de retard pour les transports connectés. »

La S.N.C.F. lance une box bien après la Deutsche Bahn…Le système permet de se connecter en Wi-Fi pour 4,99 euros de l’heure ou 9,99 euros pour l’ensemble du voyage…Cette « box T.G.V. » disponible sur le réseau Est.

Evidemment en Normandie pas de soucis de connexion, il n’y a pas de T.G.V.

La S.N.C.F. a organisé depuis la guerre la régression du réseau ferroviaire normand, se contentant d’exploiter les populations normandes voyageuses en ne faisant pas évoluer le réseau à la hauteur des enjeux de la reconstruction, puis de la modernisation permanente du tissu social et économique selon l’évolution des techniques. Paris-Rouen-Le Havre se fait dans le MEME temps qu’en 1938 !

De plus elle a financé avec l’argent de celles-ci le réseau T.G.V et l’évolution des autres lignes notamment bretonnes (17 gares T.G.V. en Bretagne !) en excluant volontairement les lignes normandes. Avec orgueil et provocation, se pavanant dans le TGV Est Monsieur Pépy a déclaré : « il n’y aura jamais de TGV en Normandie » Dont acte.

Il faut bouter hors de Normandie la S.N.C.F. et ce monsieur pour qu’enfin les Normand.e.s puissent prendre en mains leur destin ferroviaire avec une compagnie, loyale, sérieuse et honnête.

Il est vrai que le Président de la région administrative h.NORMANDIE soumis aux desiderata, décisions et directives de la S.N.C.F. n’a pas besoin d’internet dans le train, il a déclaré voyager avec sa trousse, sa gomme et son crayon… !

Comme Monsieur Le Trouhadec fût saisi par la débauche, notre bien-aimé Président de tout, enfin presque tout, en région administrative haute NORMANDIE, est-il saisi par la débauche financière ?

M. Le Vern Président de l’Opéra de Rouen saisi par la mégalomanie envisage la construction d’un nouvel opéra à l’instar de celui d’Oslo voire de Sydney !

Selon le site d’Europe écologie la subvention de la région serait passée de 2.900.000 DEUX MILLIONS NEUF CENT MILLE EUROS en 2008 à 6.000.000 d’Euros en 2010. SIX MILLIONS !

Doublée en DEUX ANS. Quelles travailleuses et travailleurs n’envieraient pas le sort des membres de l’Opéra. N’y a-t-il pas plus utile ? Création d’emploi, amélioration du pouvoir d’achat, aide à la réinsertion… etc,…etc… SIX MILLIONS c’est SIX CENTS EMPLOIS A CREER EN NORMANDIE. Dans le trou de l’Opéra c’est combien d’emplois créés en NORMANDIE ?

Malgré des tentatives d’ouverture vers d’autres populations qui ne fréquentent pas l’opéra habituellement, par des prix attractifs, voire GRATIS, la fréquentation serait de même type de population depuis des décennies. C’est un échec complet de la politique culturelle qui devrait profiter aux normand.e.s principaux financeurs de l’Opéra et non à Paris ou ailleurs.

J’ai essayé de trouver sur le net le Budget de l’Opéra en vain ! Qui m’aidera sera le bienvenu !

Chaque billet est donc SUBVENTIONNE avec nos impôts pour une classe sociale déjà privilégiée, alors qu’il y a encore tant de chômage et de pauvreté dans notre région !

La loi devrait d’ailleurs obliger la publication sur internet des projets et budgets, comptes prévisionnels et comptes d’exploitation de TOUS les organismes étatiques (régions, départements, communauté de communes, villes etc…etc…), para-étatiques, associations syndicats ou autres groupes de personnes qui touchent de l’argent public quelle qu’en soit sa provenance et son montant avec les salaires et indemnités de toutes sortes versées aux élu.e.s, personnels et autres.

Ce même site estime à juste titre que c’est l’occasion de faire participer la population à l’étude de ce projet. Enfin la fameuse, enfin fumeuse « démocratie participative » qui n’est en Normandie qu’une promesse à laquelle seuls les « gogos » d’électeurs croient encore pourrait voir un début de commencement d’exécution !

L’autre alternative serait de moderniser le théâtre des Arts de Rouen qui vient d’ailleurs de subir déjà d’importants travaux, scéniques entre autres, qui le rendrait comme l’un des plus performants de ce point de vue. Ce à quoi il serait rétorqué par les mégalomanes (à ne pas confondre avec les mélomanes) qu’une, voire deux centaines de places seraient perdues. EH ! BIEN ! TANT MIEUX. Moins il y aura de places vendues moins il y aura de subvention pour chacune donc d’argent de gaspillé.

Plus de fonds pourront être utilisés pour la recherche et le développement de l’emploi en Normandie par exemple !

Et pourquoi ne pas utiliser le Zénith, le Hangar 106 ou autre existant pour héberger l’Opéra lors de grands spectacles ! Ce qui est d’ailleurs déjà fait !

Je ne résiste pas au désir de vous raconter une anecdote significative, vécue en Normandie, de la gabegie de l’argent public à propos d’un fait signalé par les journaux sur un lustre démonté du Palais des Congrès vendu sur internet par un particulier 12.000euros (Paris-Normandie du 18/12/2010).

Je passais à coté du théâtre des Arts de Rouen lors de précédents travaux il y a peut-être un an ou deux. Une benne à ordures recevait les « déchets » des démolitions et démontes. D’après ce que j’ai vu, il s’agissait notamment de démonter et changer les lustres des halls et peut-être de la salle, ainsi que d’autres équipements. Ceux-ci devaient dater de la construction du bâtiment et étaient un pur chef-d’œuvre des créations des années 1950 ou 60 (dont les cotes sont actuellement au plus haut) vraisemblablement peut-être même signé par l’architecte, le créateur ou le décorateur !

Ces lustres de forme ronde dépassaient pour partie de la benne, ce qui a attiré mon attention. Je demandais à un travailleur pourquoi étaient-ils dans une benne à ordures. Parce qu’ils vont à la poubelle me répondit-t-il. Comme je trouvais cela dommage je lui demandais pourquoi n’étaient-ils pas vendus aux enchères par exemple ou à des négociants ou particuliers ? Si le prix était raisonnable j’en achèterais bien un pour le sauver de la « destruction. » Impossible me répond-t-il, ils doivent être mis à la décharge. Voila un exemple concret et significatif de la gestion des fonds publics par les élus de la région administrative h.NORMANDIE !

Lectrices, lecteurs, l’enquête est ouverte ! Sus aux lustres et autres équipements démontés du théâtre des arts. Qui les a détruit ou vendus, dans quelle poche l’argent est arrivé ? Qui fera la lumière sur cette affaire ?

L’art, le grand ART.

A l’occasion de Normandie Impressionniste, le musée Normand de GIVERNY a reçu 200.000 visiteuses et visiteurs. Aux Beaux Arts de Rouen, plus de 220.000 visiteurs ont parcouru l’exposition en 2010.

Globalement les expositions du Festival ont attiré plus de 500.000 visiteurs : « Un tiers de Normands, un tiers des autres régions, et un tiers d’étrangers. » L’impact touristique et économique est donc extrêmement positif : « Nous avons la meilleure progression de fréquentation de l’hôtellerie-restauration de toutes les agglomérations de province et la Haute-Normandie(sic) est la troisième région qui progresse le plus…Voilà qui démontre un véritable appétit pour l’offre culturelle. L’office du tourisme de Rouen n’a jamais accueilli autant de monde depuis 2002 poursuit l’un des promoteurs de cet événement Monsieur Fabius qui ajoute « Grâce à tout cela on a rarement autant parlé de la Normandie dans les médias internationaux ».

L’art devrait être SYSTEMATIQUEMENT et QUOTIDIENNEMENT facteur de développement social et économique en Normandie !

Comment ? Pourquoi ne pas faire du Comité régional du Tourisme un comité régional du tourisme, du patrimoine et du développement culturel. Les cinq départements normands pourraient enfin développer socialement et économiquement l’incomparable patrimoine Normand.

Tenter de mieux en rire pour n’avoir point à en pleurer ! Certains veulent voir dans le président de la région administrative un modèle de gestion. Ils ont raison.

En voici un exemple : T.G.V le prix moyen des billets a doublé depuis 2002. En r.a.h.NORMANDIE il N’a Pas doublé. Il n’a même pas augmenté du tout. Pourquoi : il n’y a pas de T.G.V. ! C.Q.F.D. !

Daniel Lemoine. Rouen Normandie.